La place de la prière dans la coupe de feu (sans dogme)
• Une dimension spirituelle assumée, sans religiosité imposée
La coupe de feu s’inscrit, dans sa forme traditionnelle, dans une dimension qui dépasse le seul geste ou la seule technique.
Elle engage une dimension intérieure, que l’on peut appeler spirituelle, à condition de la comprendre sans dogme, sans appartenance religieuse imposée, et sans discours normatif.
Dans ma pratique, cette dimension est pleinement assumée.
Elle ne relève ni d’une croyance à transmettre, ni d’une foi à partager, mais d’un rapport intime à la prière, vécu comme un acte intérieur, incarné et silencieux.
La personne accompagnée n’est jamais sollicitée sur ce plan. Elle n’a rien à croire, rien à comprendre, rien à accepter.
• La prière comme respiration intérieure
La prière, telle que je la pratique, n’est pas une demande, ni une invocation spectaculaire.
Elle s’apparente davantage à une respiration intérieure, une manière de se tenir, de se rendre présent, de s’accorder à ce qui dépasse la volonté et le contrôle.
Certains mots anciens expriment cela avec beaucoup de justesse : Saint Martin parlait de la prière comme de la respiration de l’âme.
Cette image est précieuse, car elle dit quelque chose de fondamental : sans respiration, le corps s’asphyxie ; sans intériorité vivante, l’âme se dessèche, souvent en silence.
La prière n’ajoute rien. Elle permet simplement de rester vivant intérieurement.
• Une présence incarnée, pas un rituel
Dans la coupe de feu, la prière ne doit pas se réduire à des mots récités. Elle engage tout l’être : la présence, l’attention, la qualité d’écoute, le retrait de l’ego.
Elle ne vise pas à provoquer un effet, mais à installer un cadre intérieur stable, dans lequel le geste peut s’inscrire sans tension, sans volonté de résultat.
Padre Pio parlait de la prière comme de l’oxygène de l’âme.
Là encore, l’image est parlante : l’oxygène n’agit pas par volonté, il permet simplement la vie.
Dans cette perspective, la prière n’est ni performance ni démonstration.
Elle soutient la qualité de présence du praticien, rien de plus, rien de moins.
• Une prière qui protège de la toute-puissance
L’un des rôles essentiels de la prière dans la coupe de feu est de poser une limite claire.
Elle rappelle que le praticien n’est pas l’origine de ce qui se produit.
La prière :
- empêche la prise de pouvoir,
- désamorce la tentation de la performance,
- protège de l’illusion de maîtrise.
Elle inscrit la pratique dans une posture d’humilité, où le praticien se reconnaît comme trait d’union, et non comme le détenteur d’un « pouvoir ».
• Sans dogme, sans croyance exigée
Il est essentiel de le redire clairement : la prière, dans ce cadre, n’implique :
- aucune adhésion religieuse,
- aucune foi préalable,
- aucune acceptation d’un discours spirituel.
La personne peut être croyante, agnostique, athée, indifférente ou interrogative : cela n’a aucune incidence sur l’accompagnement.
La prière n’est pas un message transmis, elle est un acte intérieur du praticien, discret, silencieux, non intrusif.
• Une tradition transmise, vécue, non expliquée
La coupe de feu s’est transmise au fil du temps dans des cadres où la prière occupait une place centrale.
Cette transmission n’a jamais cherché à théoriser ce qui se joue, ni à l’expliquer de manière définitive.
Dans ma pratique, la prière n’est pas présentée comme une explication du phénomène.
Elle est un cadre vivant, éprouvé dans le temps, qui permet à la pratique de rester juste, sobre et responsable.
• Une spiritualité incarnée, jamais spectaculaire
La spiritualité dont il est question ici n’est pas spectaculaire.
Elle ne s’exhibe pas, ne se revendique pas, ne cherche pas à convaincre.
Elle se vit dans :
- le silence,
- la retenue,
- la simplicité,
- la qualité de présence.
C’est précisément cette discrétion qui lui permet de rester respectueuse et non dogmatique.
• En résumé
La prière occupe une place centrale dans la coupe de feu, non comme croyance à transmettre, mais comme respiration intérieure du praticien.
Elle soutient la présence, protège de la toute-puissance, inscrit la pratique dans une continuité transmise, et permet un accompagnement sobre, incarné et respectueux.
Sans dogme.
Sans religiosité imposée.
Sans injonction.










